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Au coeur de la ville..

L'enceinte urbaine du XIIe siècle

La ville de Gisors fut encerclée successivement par deux enceintes urbaines.

 

La première est bâtie durant la 2nde moitié du XIIe siècle par le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt. L'enceinte suit parfaitement le cours de l'Epte, la rivière servant de douves naturelles, mais aussi de frontière entre le royaume anglo-normand et français.

 

La muraille enveloppait le centre historique, alors percé de quelques venelles étroites. Il n'en subsiste qu'une tour et quelques pans de murs accolés à la Tour du Prisonnier.

 

La deuxième enceinte est bâtie au XIIIe siècle. En effet, une fois la ville prise par les Français, la frontière matérialisée par l'Epte n'a plus aucune utilité. La ville va donc s'étendre vers l'est, au delà de la rivière, autrefois frontière.
Quelques vestiges de cette deuxième enceinte sont encore visibles rue du Filoir.
 

La chapelle Saint Luc de la léproserie Saint Lazare

La léproserie, fondée en 1210, se composait d'un ferme, de réfectoires, de dortoirs et d'une chapelle. Elle était implantée hors les murs de la ville pour préserver les habitants des risques de contagion.

 

La chapelle Saint Luc, édifiée dans la 2nde moitié du XIIe siècle, est antérieure à la fondation de la léproserie (fondée en 1210 par Gilbert de Vascoeuil, gouverneur de la ville). Seule la porte d'entrée sud, typique de l'art roman normand n'a pas subi de remaniement architectural.

 

Classée Monument Historique en 1992, restaurée en 1996, la léproserie a ses murs intérieurs couverts de peintures réalisées par le peintre Dado qui oeuvre à la réhabilitation du lieu.
 

Les maisons anciennes

Parties survivantes des bombardements massifs de 1940, la partie nord de la rue de Vienne possède un grand nombre de maisons à encorbellement à pans de bois des XVe et XVIe siècles.

 

Une attention particulière sera portée aux numéros 6 et 8 de la rue de Vienne (ancien tribunal de bailliage).

 

Encore visible aujourd'hui, le passage du Monarque était le principal accès au château au XIIe siècle entre la grande rue (rue de Vienne) et la barbacane par une voie étroite et pentue.
 

Le mythe du trésor des templiers

Des fouilles sauvages

Des fouilles sauvages

 

En 1960, des archéologues entreprennent des fouilles dans la motte féodale du château de Gisors à la recherche d'une chapelle souterraine découverte 15 ans auparavant par Roger Lhomoy, gardien, guide et jardinier du château de Gisors.

 

L'affaire débute réellement au début de l'année 1941 lorsque le château est entièrement clos et occupé par l'armée allemande, qui a fait de la forteresse un atelier de réparation de chars d'assaut ainsi qu'un lieu de stockage d'essence.

 

Un seul occupant français réside à l'intérieur : il s'agit du gardien Roger Lhomoy, présent depuis 1928. Cet homme, au départ destiné à une carrière religieuse, va (on ne sait trop pour quelle raison) entreprendre des fouilles à partir de la galerie du puits, qui se trouvait au pied du donjon.

 

Descendant dans la galerie verticale, il se met à percer un petit tunnel, qui aussitôt menace de s'écrouler. Roger Lhomoy décide alors de fouiller à quelques mètres de là. Il creuse une petite cavité qu'il va poursuivre durant 2 ans.


En mars 1946, comble de stupeur...

 

... Après des fouilles acharnées, Roger Lhomoy découvre une chapelle qu'il décrira fort bien :
" Ce que j'ai vu à ce moment là, je ne l'oublierais jamais car c'était un spectacle fantastique. Je suis dans une chapelle romane en pierre de Louveciennes longue de 30m, large de 9m, haute d'environ 4,50m à la clef de voûte. Le long de murs, posés sur le sol, des sarcophages de pierre de 2m de long et de 60cm de large : il y en a 19. Et dans la nef, ce qu'éclaire ma curiosité est incroyable : 30 coffres en métal précieux, rangés par colonnes de 10. Et le mot coffre est insuffisant : c'est plutôt d'armoires couchées dont il faudrait parler, d'armoires dont chacune mesure 2,50m de longueur, 1,80m de hauteur, 1,60m de largeur ".


 

Aucun trésor mais un donjon en péril...

Autopsie d'un mythe

Dès 1960, le conservateur Pierre Bourdil, la mairie et les Beaux Arts dépêchent une équipe d'archéologues.

 

En 1961, des fouilles ont à nouveau lieu, de même qu'en 1962, année de la sortie du livre de Gérard de Sède et par la même, du délire templier à Gisors.

 

Suite à la sortie de l'ouvrage, Les Templiers sont parmi nous, le parc du château se trouve envahi de radiesthésistes, de médiums, de touristes en mal de sensation, et bien entendu d'autres fouilleurs clandestins.

 

Après 3 années de fouilles infructueuses, les archéologues jettent l'éponge.

 

La ville de Gisors est divisée en deux clans : ceux qui croient et ceux qui nient. La presse et la télévision s'emparent de l'affaire Gisors.

 

En 1964, l'heure est grave : devant une si forte pression populaire, il faut clarifier les choses.
André Malraux, Ministre de la Culture, envoie le 5ème génie militaire de Rouen entreprendre des fouilles dans la motte.

 

Ces fouilles effectuées sous forme de sapes (galerie horizontale) seront catastrophiques pour l'état du donjon. Pas plus que les archéologues, les militaires ne trouveront l'once d'un coffre ou d'une salle souterraine.

 

L'affaire est démentie, le spectre templier s'éloigne de Gisors.
Néanmoins, beaucoup y croient encore. Des camions militaires seraient partis en pleine nuit. Quelque chose aurait été cachée, dissimulée.

 

Jusqu'en 1984, des fouilleurs clandestins descendront dans les abymes du château, pour très souvent y rester au fond avec, comme seul trésor, un bras ou une jambe dans le plâtre.

 

Aujourd'hui encore, certains recherchent à Gisors le trésor de l'Ordre du Temple. De nombreux touristes européens, qui visitent les lieux, pensent déambuler dans un château templier !

 

La présence templière à Gisors n'est pas à nier. Elle a, au contraire, bien eu lieu : entre 1158 et 1161, 3 chevaliers de l'Ordre du Temple seraient restés dans la forteresse. Ils s'appelaient Richard de Hastings, Toestes de Saint Omer et Robert de Pirou.

 

Le mythe commence après...
 

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